Article 3 : Seul, mais bien accompagné (2024)

    En 2024, toujours animé par cette soif de rencontres et de découvertes, j’ai décidé de repartir en voyage en auto-stop, cette fois-ci en solitaire. L’idée de voyager seul représentait avant tout un défi personnel, une quête d’accomplissement à travers une expérience forte, mais aussi une manière de favoriser davantage les rencontres et les échanges avec des personnes inconnues.

Je suis alors parti en août 2024 depuis Grenoble, à nouveau en direction de la région des Balkans, en Europe du sud-est.

Pour l’anecdote, j’ai entamé cette nouvelle aventure accompagné d’un léger stress. Je n’appréhendais pas la pratique de l’auto-stop en elle-même, mais plutôt le défi de me lancer seul dans un projet de voyage, sur plusieurs semaines. Un peu anxieux, mais profondément motivé, je suis parti le 5 août 2024 avec pour unique compagnon mon sac à dos, pesant 23 kilos une fois chargé.

Affaires de voyage avant mon départ

    Sachant que l’Italie ne serait pas mon meilleur allié pour ce voyage, certaines portions de route n’y autorisant pas la pratique de l’auto-stop, j’ai fait le choix de me diriger vers le nord-est dans un premier temps. Dès la première journée, j’ai traversé la frontière Franco-Suisse avec l’objectif de rejoindre ensuite l’Allemagne.

En fin de journée, j’ai été pris en stop par un couple de Suisses qui m’ont proposé l'hébergement. Quelle rencontre, quel bonheur pour ce premier jour ! Nous avons partagé un dîner au restaurant autour de longues discussions, avant que je passe ma première nuit dans leur appartement, au nord de Berne, capitale de la Suisse.

Le lendemain, j’ai repris la route pour une journée particulièrement longue et intense. Qui l’aurait cru ? J’ai fait du stop du matin du 6 août jusqu’au matin du 7 août, sans interruption, parcourant plus de 900 kilomètres et traversant quatre frontières : un record personnel. Même si la performance n’est pas ce que je recherche dans ce type de voyage, cette journée restera marquante.

De conducteur en conductrice, j’ai quitté la Suisse pour l’Allemagne, puis l’Allemagne pour l’Autriche, avant de rejoindre la Slovénie, puis la Croatie, où je suis arrivé au petit matin du 7 août, près de Pula, au bord de la mer Adriatique.

Certes, cette progression fut rapide et je n’ai pas eu l’occasion de visiter les différents pays traversés, mais j’avais à cœur de retrouver le soleil et la mer Adriatique.

Selfi avec l'un de mes conducteurs 

Selfi avec une conductrice et un conducteur

    Une fois en Croatie, j’ai longé les côtes de la mer Adriatique, allant de rencontre en rencontre, toujours plus riches les unes que les autres. Le léger stress qui m’accompagnait avant mon départ s’est progressivement atténué au fil du voyage, et je me suis rendu compte que le fait de voyager seul me poussait davantage vers la rencontre de l’autre.

J’ai également eu l’occasion d’installer mon campement à plusieurs reprises pour passer mes nuits Croates. Tantôt sous la tente, tantôt dans mon hamac, puis de nouveau sous la tente, avant de retrouver le hamac, j’avais le choix : quel luxe !

Campement sur un terrain de foot au coeur de ville de Rijeka en Croatie

Campement au bord de la mer adratique (localisation secrète)

    Après quelques jours de voyage le long des côtes adriatiques, je me suis rendu à Dubrovnik, à l’extrême sud de la Croatie, afin de rejoindre un ami macédonien qui y travaillait à cette période. Nous avons passé cinq jours ensemble, ce qui m’a permis de découvrir la ville, mais aussi de me reposer, de me laver et de reprendre des forces.

J’ai ensuite repris la route en direction de la Bosnie-Herzégovine, pays hors de l’Union européenne. Je me suis d’abord rendu dans la magnifique ville de Mostar, réputée pour son centre historique remarquablement préservé et son emblématique Stari Most, un pont d’origine ottomane chargé d’histoire et symbole de la ville aujourd'hui.

Pont de Mostar issu de la période Ottomane

    J'ai poursuivuis ma route en direction de Sarajevo. A cet instant, je ne savais pas à quoi m'attendre et tout ce que j'avais entendu de cette ville faisait reférence à la guerre de l'Ex-Yougoslavie. Une fois arrivé à Sarajevo, la capitale du pays, j'ai été plongé au coeur de cette ville, historiquement, architecturalement et culturellement très riche. Par ailleurs, la ville était très animée, car elle acceuillait le festival international du film. Les rues étaient pleines, et il y avait de nombreux bars et concerts en extérieur. J’ai tout de suite été séduit et attiré par l’ambiance de la ville, sans même me soucier d’où est ce que j’allais poser ma tente pour dormir. Pris dans l’euphorie, je flannais dans les rues du centre ville lorsque je rencontre une famille locale. Après leur avoir expliqué mon récit de voyage en auto-stop, la famille Sarajevienne m'a proposé un hebergement pour la nuit, quelle opportunité !

Le lendemain matin, j’ai eu la chance de prendre un petit déjeuner traditionnel avec la famille, où nous avons discuté de l’histoire de leur pays et notamment de la guerre de Yougoslavie, où Sarajevo était tragiquement un épicentre. Je ressens ainsi que la guerre, et plus précisement le siège de Sarajevo, entre 1992 à 1996, est encore très ancré dans les mentalités ici et qu’il reste également de nombreux stigmates dans le coeur urbain. Depuis le balcon de la maison, la mère de la famille me montre par exemple un immeuble proche de quelques centaines de mètres, qui avait ciblé par les tirs de mitraillettes de l’armée Serbe.

Immeuble criblé de balles datant du siège de Sarajevo

    Après trois jours passés à Sarajevo, je me suis dirigé vers la Serbie, avec pour objectif final de voyage : la ville de Belgrade.

Ce trajet m’a permis de découvrir les paysages ruraux de la Bosnie-Herzégovine et de la Serbie avant d’atteindre la capitale serbe. Une fois encore, le voyage a été ponctué de rencontres marquantes et de nombreuses discussions liées à la société, la religion, la famille et le voyage.

J’ai notamment fait la rencontre d’un professeur et prêtre serbe, avec qui j’ai partagé trois heures d’échanges inoubliables dans sa voiture, un moment particulièrement inspirant.

Rencontre marquante avec un professeur et prêtre Serbe

    Mon voyage en solitaire, mais richement accompagné de toutes ces rencontres, s’est donc achevé à Belgrade, capitale de la Serbie. Je me suis accordé trois jours sur place pour visiter, rencontrer et, une fois encore, me créer des souvenirs indélébiles de ce voyage itinérant en auto-stop.

Je suis ensuite rentré à Grenoble en bus, après 28 heures de trajet, suffisamment de temps pour réaliser que cette aventure unique en appelait sûrement d’autres.

Cathédrale orthodoxe Sainte-Sava à Belgrade


Petit déjeuner traditionnel Serbe

 

L'histoire ne faisait que commencer...

 

 

Tristan Dufourt 

27/02/26