Faire de l’auto-stop en Asie centrale a toujours été un grand rêve pour moi. Paradis des voyageurs, l’Asie centrale, parcourue par la route, s’est révélée être l’un des temps forts de cette aventure.
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| Rêve qui devient réalité : faire du stop l'autoroute du Pamir (M41) au Tadjikistan |
Mais avant de m’essayer au pouce dans cette région, il a fallu traverser la mer Caspienne. Fin juillet, j’ai donc pris le ferry entre Bakou, en Azerbaïdjan, et Aktau, au Kazakhstan. Vingt-quatre heures de traversée inoubliables, et une première expérience de navigation pour moi. À bord, la très grande majorité des passagers étaient des routiers venus d’Europe et d’Asie. J’ai fait la rencontre de plusieurs routiers turcophones, et la vingtaine de mots appris en Turquie quelques semaines plus tôt m’a permis d’engager de petites conversations.
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| Routier kirghiz sympatique |
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| Apéro avec des routiers venus d'Europe et d'Asie centrale |
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| Le Kazakhstan se rapproche |
Une fois arrivé de l’autre côté de la mer Caspienne, sur le sol kazakh, j’ai pris le temps de faire une pause de deux jours avant de m’attaquer à la suite de l’aventure, à travers le Mangystau. Située au sud-ouest du Kazakhstan, la région du Mangystau est réputée pour son désert semi-aride, mais aussi pour ses ressources pétrolières abondantes. Ici, le prix de l’essence est d'environ 0,60 euro le litre.
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| Mon premier camping à Aktau au Kazakhstan (en bord de mer Caspienne) |
L’auto-stop prend ici une nouvelle dimension. Le Kazakhstan est un pays à la superficie immense. Les villes sont parsemées sur le territoire, et certains espaces sont véritablement désertiques, sans la moindre activité, et ce sur des centaines de kilomètres. Alors, pour la première fois, je dois revoir mes notions d’auto-stoppeur basées sur mes repères de distances européennes. Qui dit nouvelles distances dit temps de route et fréquences de ravitaillement différents. Je m’arme donc de huit litres d’eau et de provisions en nourriture avant de me lancer dans le Mangystau et son désert mythique.
Il fait chaud, très chaud, et il n'y a pas le moindre centimètre d’ombre ici. Heureusement, durant trois jours, j’ai principalement roulé avec des routiers venus de toute l’Asie centrale, qui m’ont rapidement pris en auto-stop. Ce désert est traversé par une seule route, un axe essentiel et stratégique pour le transport de marchandises entre les différents pays d’Asie centrale, mais aussi vers et depuis la Russie. Je suis au cœur de l'Union économique eurasiatique (UEE).
Plus les kilomètres s’enchaînent, plus j’ai le sentiment d’être dans un rêve, sur une route toute droite au milieu de vastes paysages, à la fois plats et très profonds vers l'horizon. Seule ma vue de simple être humain semble en être la limite. Mais le désert signifie rarement « vide ». Le long de la route, j’ai pu observer de nombreux chevaux, des chèvres et même des chameaux et dromadaires en liberté. J'étais comme un gosse !
Une expérience gravée à jamais dans ma mémoire.
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| Route au coeur du Mangystau |
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| Chameaux et dromadaires du désert du Mangystau |
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| Paysages de la région du Mangystau |
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| Campement pour la nuit sur la remorque d'un camion à Beyneu |
Le 31 juillet, je poursuis ma route vers le nord du pays, en direction d’Aktobe, dernière métropole avant la Russie. J’arrive en fin de journée et je fais la rencontre d’Asylbek et de Dias, deux Kazakhs de 20 ans avec qui le contact est immédiat. Ils m’accueillent chaleureusement chez eux et nous passons de super moments ensemble le temps d’un week-end ! J’ai également pu faire mes premières nuits sur un tapis. Ici, le tapis est un élément traditionnel et incontournable dans les maisons. Le nomadisme n’existe plus au Kazakhstan, mais il a laissé un héritage fort dans le pays. Merci les gars et à bientôt !
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| Sortie à cheval avec Asylbek |
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| Avec Dias et Asylbek dans une yurte (musée) |
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| Tapis tradionnel Kazakh (chambre) |
Comme toujours en auto-stop, j’apprends énormément d'éléments sur l’histoire, la géographie, mais aussi la philosophie, la politique, la psychologie ou encore la sociologie… Bref, je pourrais en citer bien d’autres ! De nombreux conducteurs me parlent de la culture nomade au Kazakhstan. Ils me racontent notamment comment leurs ancêtres utilisaient la nature comme guide et adaptaient leurs itinéraires au rythme des saisons. Ils savaient observer et comprendre les ressources et les contraintes locales pour poursuivre leurs déplacements, leurs routes, en conséquence. Une vraie intelligence de l’environnement.
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| Photo avec deux routiers Kazakhs |
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| Route du nord-ouest du Kazakhstan |
Je me suis ensuite dirigé vers le sud-est du pays, en empruntant l’un des anciens axes de la route de la Soie. En réalité, la route de la Soie ne désigne pas une route unique, mais un réseau d’itinéraires commerciaux (transits de marchandises, techniques, idées, religions...) reliant l’Asie à l’Europe, dont les premières traces remontent à l’Antiquité. Tout s’enchaîne. Je traverse successivement plusieurs villes, chacune plus intéressante que la précédente.
Première étape à Aralsk, ancienne ville portuaire et important centre de pêche de la mer d’Aral. Au cours des dernières décennies, la ville a connu un déclin avec l’assèchement progressif de la mer d’Aral. À partir des années 1960, les autorités soviétiques ont massivement détourné les eaux du Syr-Daria et de l’Amou-Daria pour développer l’activité agricole. Catastrophe écologique : la superficie de la mer a largement diminué et les écosystèmes et les activités de pêche se sont effondrés. Une mer transformée en désert.
Puis Baïkonour, où j’ai eu la chance de me rendre à l’entrée du célèbre cosmodrome. C’est ici, le 12 avril 1961, que Youri Gagarine (cosmonaute soviétique) est devenu le premier être humain à atteindre l’espace.
Enfin, Turkestan, ville emblématique des anciennes routes de la Soie et aujourd’hui l’un des hauts lieux historiques du sud du Kazakhstan. Pendant des siècles, la ville a été un centre commercial et culturel de la région. Quelle chance pour moi d'enchainer des lieux qui ont grandement marqué différentes périodes de l’histoire.
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| Images satellites de l'évolution de la mer d'Aral (entre 1989 et 2014) : Source Wikipédia |
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| Mer d'Aral asséchée |
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| Entrée du cosmodrome de Baïkonour |
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| Mausolée de Turkestan |
Sur cette route de la Soie, je suis accueilli chez une famille extraordinaire qui m’a notamment fait goûter un plat traditionnel : le beshbarmak. Un plat composé de pommes de terre, de pâtes et de viande de cheval, toujours accompagné de thé. Tout le monde pioche directement dans le plat avec les mains. Je trouve cela simple et très convivial, j'adore ! Puis, traditionnelle prière à la fin du repas avant de quitter la table. Merci.
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| Famille d'acceuil Kazakh |
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| Plat traditionnel Kazakh : Beshbarmak |
Ça y est, je suis dans le sud du Kazakhstan, à Shymkent, et j’ai dépassé les 100 jours d'aventure et les 10 000 kilomètres en auto-stop depuis mon départ de France. Cette région du pays est très aride et, en été, les températures peuvent dépasser les 45°C voire les 50 °C. Inimaginable !
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| Conducteur sympathique sur la route direction Shymkent |
J’arrive le 10 août à Tashkent, capitale de l’Ouzbékistan. Durant mes trois jours de visite de la ville, je me suis rendu deux fois au fameux Bazar Chorsu. Un immense bazar, très diversifié, où l’on trouve des épices, du textile, des tapis venus de toute l’Asie centrale… Tous mes sens sont en éveil.
Le bazar est bien plus qu’un simple marché : c’est une institution. Présents depuis des siècles au Moyen-Orient et en Asie centrale, les bazars sont à la fois des espaces commerciaux et sociaux, où les marchandises, mais aussi les idées, les savoir-faire et les cultures circulent depuis longtemps. C'est un lieu de rencontre, de discussion et de transmission. J’ai développé une passion pour les bazars après avoir visité celui de Tashkent. Je le conseille à tout le monde si vous passez un jour dans la région.
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| Vue extérieure du Bazar Chorsu |
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| Vue intérieure du Bazar Chorsu |
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| Fruits secs en vente dans le Bazar Chorsu |
En faisant du stop pour quitter la capitale, j’ai aperçu au bord d’une route, un routier qui chargeait la remorque de son camion. Je lui ai alors demandé s’il prenait le volant vers le sud du pays. Il m’a répondu que oui. Je lui ai donc demandé si je pouvais partager la route avec lui et, en échange, je pourrais l’aider à terminer le chargement de sa cargaison.
Accord conclu !
Car l’auto-stop, c’est avant tout un échange, bien plus qu’un simple moyen de déplacement « sans argent ». Il est d’ailleurs courant de remercier son conducteur ou sa conductrice en lui offrant un café ou un petit casse-croûte ou alors en lui racontant diverses anecdotes du voyage. Bref, il y a toujours un moyen d'échanger. L’essence même de l’auto-stop réside dans un système non-marchand, basé uniquement sur des valeurs d'échange et de bonne volonté. Plus je roule, plus je perçois l'auto-stop comme une chaîne humaine, où chacun donne, reçoit et transmet d'une manière différente. La roue tourne, et un jour viendra aussi mon tour de prendre des auto-stoppeurs sur le bord de la route.
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| Chargement du camion en bord de route (périphérie de Tashkent en Ouzbékistan) |
Arrivé à Samarcande ! Samarcande ? J’ai encore du mal à le croire. Je suis tellement heureux, la route est fluide et sans accroc, et à chaque fois, je me surprends d’enchaîner les métropoles, les paysages exceptionnels et les lieux historiques, le tout en auto-stop.
Samarcande m’offre deux jours d’émerveillement, notamment devant son fameux Régistan, un lieu emblématique de la route de la Soie. Ici, je ne trouve plus les mots. Heureusement, les photos parlent d’elles-mêmes.
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| Régistan de Samarcande |
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| Plafond d'une pièce du Régistan de Samarcande |
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| Régistan de Samarcande |
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| Vue sur le Régistan de Samarcande depuis ma tente (difficile de rêver mieux) |
J’ai poursuivi mon trajet jusqu’au Tadjikistan. Une entrée grandiose dans ce pays, puisque j’ai passé quatre jours en trek au cœur des montagnes de Fann. Des paysages à couper le souffle, une eau d’altitude aux couleurs turquoise, mais aussi de belles rencontres à travers les différents villages que j'ai pu traverser.
Comme depuis le début de mon séjour en Asie centrale, je suis très proche des jeunes. Partout où je suis passé, les enfants viennent très facilement me serrer la main dans la rue (même les plus petits). Ils sont aussi très intrigués par mon sac à dos et me posent énormément de questions. Génial ! Je les trouve également très serviables et sympathiques. Pour l’anecdote au Tadjikistan, un soir, j’ai rencontré un groupe de jeunes âgés de 12 à 14 ans, en arrivant dans un petit village. Les enfants m’ont conseillé un endroit afin de camper pour la nuit et, vers 4 heures du matin, l’un d’entre eux, âgé de seulement 12 ans, est revenu seul me voir pour vérifier si tout allait bien pour moi. Quelle autonomie et quel sens des responsabilités pour un si jeune âge. Je suis impressionné !
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| Au coeur des montagnes Fann |
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| Ane docile dans les montagnes Fann |
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| Au coeur des montagnes Fann |
Ensuite, passage obligé à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. J’ai visité cette ville plutôt agréable, mais également assisté à l’entraînement d’une parade organisée pour la fête de l’Indépendance du pays, le 9 septembre. Comme tous les pays d’Asie centrale que j’ai traversé, le Tadjikistan a obtenu son indépendance de l’URSS en 1991.
D’ailleurs, depuis le début de cette aventure, lorsque je fais de l’auto-stop, j’aime poser les mêmes questions à mes conducteurs et conductrices. Celles qui reviennent souvent sont justement : « Comment était l’URSS ? », mais aussi « Que pensez-vous de l’intelligence artificielle ? » ou encore « Que pensez-vous de votre président ? ». Des questions simples, sans attente particulière, mais qui me permettent de découvrir des points de vue très différents. C’est toujours passionnant d’écouter des réponses qui varient ou s'opposent d’une personne à l’autre, d’un pays à l’autre.
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| Parade sur la place de l'indépendance à Douchanbé |
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| Bazar Mehrgon à Douchanbé (architecture magnifique) |
Me voilà enfin sur la mythique route du Pamir. Reliant Douchanbé, au Tadjikistan, à Och, au Kirghizistan, cet itinéraire d’environ 1 300 kilomètres a été la route la plus spectaculaire sur laquelle j'ai pu rouler de toute ma vie.
Géographiquement, le trajet est unique. Dans un premier temps, je longe la frontière avec l’Afghanistan, marquée par des kilomètres de barbelés et de nombreux postes militaires, le long de la rivière Panj. Puis, pendant plusieurs jours, la route s’élève progressivement jusqu’à de hauts plateaux dépassant les 4 000 mètres d’altitude. Ici, la végétation n'a plus sa place, les paysages deviennent immenses et presque lunaires. Je franchis finalement le "Ak-baital pass", un col à 4 655 mètres d’altitude, avant d’entamer la longue descente vers Och au Kirghizistan.
Pendant sept jours, de Douchanbé à Och, je traverse ces paysages du Pamir, qui de plus, abrite une faune exceptionnelle, notamment des léopards des neiges, des yaks ou encore des marmottes.
Instant suspendu : dès le deuxième jour sur la route du Pamir, je longe la frontière avec l’Afghanistan. De l’autre côté de la rivière Panj, en Afghanistan, à environ 150 mètres à vol d’oiseau, des villageois dans une voiture roulent au même rythme que nous. Je décide alors de sortir ma main par la fenêtre et de faire quelques signes. Quelques secondes plus tard, on me répond de l’autre côté de la rivière.
A cet instant symbolique, la frontière n'existe plus !
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| Paysage de la route du Pamir (+ 4000 mètres d'altitude) |
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| Route du Pamir (à bord d'une twingo avec des voyageurs slovaques) |
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| Frontière afghane |
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| Ak-baital pass (col routier à 4655 mètres d'altitude) |
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| Repas sur la route avec des conducteurs tadjiks super sympa |
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| Descente dans la vallée direction Och au Kirghizstan |
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| Chevaux Kirghizs sur le bord de la route |
Retour à la civilisation. Après sept jours sans douche, cela me fait le plus grand bien. J’ai profité de la ville d’Och pendant deux jours avant de reprendre la route vers le nord du Kirghizistan, en direction du célèbre lac Issyk-Kul.
Dans la ville de Cholpon-Ata, j’ai eu la chance d’assister aux Jeux Mondiaux des sports nomades, qui se déroulaient durant la première semaine de septembre. J'ai découvert des sports dont je n’ai pas l’habitude, dont la lutte Alysh, ou encore le kok-boru, un sport équestre spectaculaire dans lequel deux équipes à cheval s’affrontent pour récupérer et déposer une carcasse de chèvre dans le camp adverse. Là-bas, j'ai même retrouvé des potes français du judo, qui voyagent actuellement en Twingo à travers le monde. Super moment !
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| Lutte Alysh |
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| Kok-Boru |
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| Photo avec mes potes français et des hommes kirghiz |
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| Nuit improvisée sur un chantier à Cholpon-Ata (pour me protéger de la pluie) |
Sur la route, comme depuis le début de cette aventure, les conducteurs me parlent beaucoup de religion, et majoritairement de l’Islam. Au gré des rencontres, j'arrive à faire des liens avec ce je vis et certaines valeurs de l’Islam que l’on m’explique : le partage ou encore la reconnaissance. Par exemple, lorsque j’étais au Tadjikistan, nous roulions avec un Tadjik lorsqu’un homme nous a fait signe de nous arrêter sur le bord de la route. Il s’est approché de la voiture, nous avons baissé la vitre, et il nous a récité (par pure générosité) un verset d'une sourate du Coran afin de bénir notre trajet. Puis nous sommes repartis sereins et reconnaissants.
L’Asie centrale touche à sa fin, et je décide de rejoindre la capitale du Kirghizistan, Bishkek, afin de préparer ma future entrée en Chine. Ici, j’ai pu largement goûter la cuisine locale. La culture de la street food est assez répandue en Asie centrale, et à petit prix.
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| Préparation du plât traditionnel : Plov |
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| Plât tradtionnel : Laghman |
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| Plât tradtionnel : Manti |
Passage obligé par Almaty, à l’extrême Est du Kazakhstan, avant de rejoindre la Chine. Par ailleurs, j'ai observé en Asie centrale, énormément de voitures chinoises, mais aussi de nombreux camions de transport venus de Chine. L’influence de l'Empire du milieu est aussi présente dans les infrastructures routières : autoroutes, ponts, tunnels… Ici, de nombreux projets sont construits ou financés par des entreprises chinoises.
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| Cathédrale orthodoxe d'Almaty |
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| Musée de l'histoire miltiaire à Almaty |
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| Dans le rétroviseur : les horizons taversés m'amenent aujourd'hui aux portes du nouveau monde, la Chine |
Le temps passé sur les routes d’Asie centrale m’aura beaucoup marqué. A travers les steppes, les déserts et les montagnes, d’humain en humain, de kilomètre en kilomètre, j’ai découvert ici une histoire et une géographie profondément liées à la route. Comme un réseau, à des échelles et des formes différentes, elle est un réel support, un lien physique entre les sociétés.
Aujourd'hui, ce projet : « L’Humanité en route » prends de plus en plus de sens pour moi. Tous interconnectés, nous ne sommes pas seulement sur la route, nous sommes route.
La grande Chine ouvre désormais ses portes, je me lance vers de nouveaux horizons.
Tristan DUFOURT
09/09/2026